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Lieux

Musée des Arts Précieux Paul-Dupuy

Vue d'exposition — Mathis Altmann, Loucia Carlier, Renaud Jerez, Matthew Lutz-Kinoy, Julien Perez et Lucie Stahl - Commissaire Stéphanie Moisdon. Le Nouveau Printemps 2024 @ Damien Aspe

Matthew Lutz-Kinoy / Lucie Stahl / Mathis Altmann / Loucia Carlier / Julien Perez / Renaud Jerez

Nouvelles résistances I commissariat Stéphanie Moisdon

du 30 mai au 30 juin

« Invitée par Alain Guiraudie à concevoir avec lui une exposition au Musée Paul Dupuy pour Le Nouveau Printemps, je suis partie de sa vision au bord des mondes et des temporalités, et cette façon si particulière de créer dans le langage des zones troubles, qui font appel à l’anarchie du réel, à celle des rêves, des fantasmes, des légendes, avec autant de noirceur, de joie que de drôlerie. J’ai regardé tout près de moi, celles et ceux qui me semblent agir dans la pensée et dans la forme à produire des choses intermédiaires, des paysages indécidables. Avec l’espoir de faire de ce groupe d’artistes, qui bien souvent se regardent ou se croisent, une sorte de mouvement radical éphémère, l’image précaire et diffractée d’une communauté sans communauté.


La scénographie de l’exposition est conçue comme une partition sonore par l’artiste et musicien Julien Perez (né en 1986), dont les compositions jouent avec les codes de la pop, du surréalisme et du fantastique. Les sculptures de Mathis Altmann (né en 1987) sont autant d’assemblages d’éléments visuels et sonores, de textures, déchets, qui renvoient aux sensations d’exacerbation ou d’épuisement du capitalisme tardif. Les paysages hybrides de Loucia Carlier (née en 1992), bas-reliefs bricolés, sortes de maquettes ou d’empruntes, témoignent d’une vision affectée, dystopique, étrange et parodique. Entre les sculptures et peintures ultra colorées de Renaud Jerez (Né en 1982) se jouent des effets de dégradation, d’accumulation, de saturation et de satire. Entre la peinture, la performance et la céramique, Matthew Lutz-Kinoy (né en 1984), crée un univers en permanente transformation, où coexistent différents modes de production, d’expériences, des récits d’émancipation. Les sculptures photographiques de Lucie Stahl (née en 1977) se manifestent comme des scanners devenus fous, qui encoderaient à peu près tout, sujets et objets d’un devenir machine du monde. »

Stéphanie Moisdon 

Avec le soutien du centre culturel Suisse. On Tour à Toulouse.  

 


Critique d’art et commissaire d’exposition, Stéphanie Moisdon  (1967) est co-directrice du Consortium, centre d’art contemporain  de Dijon et professeure à l’École supérieure d’art et de design  de Lausanne (ECAL). Cofondatrice avec Éric Troncy du magazine  Frog, elle écrit régulièrement dans Beaux Arts Magazine, Artforum,  art press ou Purple. Elle a organisé de nombreuses expositions dont  récemment « Heimo Zobernig » à la galerie Chantal Crousel (2023), « 1984 ‒ 1997 ». « La décennie » avec Dominique Gonzalez Foerster au Centre Pompidou Metz (2015 ‒ 2016), « Sturtevant Sturtevant »  au MADRE de Naples (2016) etc. Depuis 2006, elle dirige une école  alternative et itinérante, « L’École de Stéphanie », qui s’est associée  à différentes institutions artistiques. Elle est l’auteure de plusieurs  monographies, parmi lesquelles Matthew Lutz-Kinoy, Jean-Luc Verna, Les Roches Noires (2014), Dominique Gonzalez-Foerster (2002), ainsi que Stéphanie Moisdon, anthologie de ses propres textes critiques (2007).