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Les œuvres à (re)découvrir toute l'année

Le Printemps de septembre, aujourd'hui Le Nouveau Printemps a toujours eu pour ambition de rendre la création contemporaine accessible à tous.

Au fil des éditions, une collection d'oeuvres permanentes se constitue et enrichit le patrimoine artistique de la ville de Toulouse, des oeuvres à (re)découvrir toute l’année qui s'insèrent peu à peu dans les usages des habitant·e·s.

On y retrouve des oeuvres inédites de grands artistes de renommée internationale qui sont désormais indissociables de Toulouse et participent de son rayonnement en France et à l'international.

Le Carrelet de la Garonne de matali crasset

Le Carrelet de la Garonne, matali crasset, Le Nouveau Printemps 2023 © Margot de Oliveira Antonio

Le Carrelet de la Garonne, 2023

matali crasset

Médiathèque José Cabanis

Invoquant des architectures spécifiques à l’histoire de la Garonne, matali crasset imagine deux structures Le Carrelet et Le Moulin à Nef destinées à accueillir des rencontres et des ateliers. Une invitation à se retrouver, à réfléchir, collectivement et joyeusement, à nos relations aux fleuves qui traversent nos villes et plus largement à nos modalités de collaboration avec le vivant.

Les carrelets sont des petites architectures à proximité des fleuves et rivières que l’on trouve encore aujourd’hui dans l’estuaire de la Garonne. Montés sur une plate-forme reliée à la terre, le carrelet est un filet de pêche tendu sur un cadran rectangulaire. Ces installations, qui se sont développées après 1936 avec les congés payés, assuraient un complément alimentaire aux populations.

Réalisé avec le concours des apprentis du Bac Pro Technicien en Chaudronnerie Industrielle – UIMM Occitanie Beauzelle, du CAP Ébéniste du Lycée des métiers d’art, du bois et de l’ameublement de Revel et des entreprises Zinq Toulouse, neo planchers et murs réinventés et metamo. Les matériaux sont en partie issus de réemploi dans le cadre du programme européen Life Waste2Build de Toulouse Métropole. Avec le soutien de la Fondation des Artistes

Le Moulin à Nef de la Garonne

matali crasset, Le Moulin à Nef de la Garonne, vue d'exposition, Le Nouveau Printemps 2023
Photo : Margot De Oliveira Antonio

Le Moulin à Nef de la Garonne, 2023

matali crasset

Jardin Raymond VI

Aujourd’hui oubliés, ces moulins flottants ont pourtant constitué durant sept siècles les établissements industriels les plus célèbres de Toulouse. Au XIIe siècle, soixante moulins à nef flottaient sur la Garonne, ils garantissaient une source d’énergie quel que soit le niveau de fleuve.

À l'issue du festival, matali crasset a offert l’œuvre à la Ville de Toulouse, et face à l'enthousiasme des habitant·e·s du quartier, le Moulin a pris ses quartiers définitif au Jardin Raymond VI.

Mécènes : Les Amis du Nouveau Printemps - Toulouse

Réalisé avec le concours des élèves du Diplôme de Technicien des Métiers du Spectacle du Lycée Urbain Vitry et de l’entreprise 3.14 Conception. Les matériaux sont en partie issus de réemploi dans le cadre du programme européen Life Waste2Build de Toulouse Métropole. Avec le soutien de la Fondation des Artistes.

Mesure de la lumière, 2018

Sarkis

Couvent des Jacobins

Pour l’édition 2018 du Printemps de septembre, Sarkis réalise dans l’église des Jacobins une installation lumineuse et sonore aujourd’hui acquise par la Ville de Toulouse. Entre les piliers de l’imposante colonnade à la verticalité vertigineuse, il suspend sept tubes fluorescents en cristal déroulant les couleurs de l’arc-en-ciel. Dans le chœur, un faisceau rassemble ces sept tubes et s’allume et s’éteint au rythme d’une respiration apaisée. Ainsi Sarkis déroule-t-il tout au long de ce plan de séparation le cortège des couleurs qui disent la lumière, entendue sous toutes ses métaphores : vie, joie, diversité, conciliation, ascension, etc. Ce plan retrouvé de l’élévation morale et spirituelle s’y emblématise tandis qu’une bande sonore, réalisée avec le musicien Jacopo Baboni Schilingi, diffuse doucement à nos pieds, dans le chœur, les bruits du dehors, bruits ordinaires de la vie commune, bruits des épisodes météorologiques, bruits du temps qui passe, toute une rumeur du monde extérieur qui glisse sa redondance ou sa discrépance entre les visiteurs et les bruits « en temps réel », entre le monde matériel et le monde spirituel. Quelle taille donner aux tubes lumineux qui rythment la nef ? Sarkis a choisi un multiple de l’unité de mesure en usage pour la construction de l’église, la « canne de Toulouse », soit un peu moins d’un mètre quatre-vingt. Mesure de la lumière, c’est le titre de cette œuvre, c’est aussi ce qu’elle fait, mesurer le lieu et la lumière. D’où les cordes à nœuds qui pendent le long des tubes et en mesurent la taille. On voit que Sarkis habite ce monument d’exception avec l’humilité du respect qu’il lui inspire et l’empathie qu’il éveille en lui. Le passé ne passe pas, quand les artistes le ramènent au présent.

Mesure de la lumière, Sarkis

Sarkis, Mesure de la lumière, Couvent des Jacobins, Le Printemps de septembre 2018. Photo : Damien Aspe

Le Groupe Pierre Fabre est le mécène principal de la production de l’installation qui a bénéficié également du soutien des Amis du Printemps de septembre. Acquisition réalisée avec le concours du Ministère de la Culture. Don du Printemps de septembre à la ville de Toulouse 2021 – Collection les Abattoirs, Musée – Frac Occitanie, Toulouse. Dépôt les Abattoirs, Musée – Frac Occitanie, Toulouse au Couvent des Jacobins.

Blue in green, 2018

Stéphane Dafflon

21 marquette

Invité par COVIVIO à concevoir une œuvre pérenne pour son immeuble de bureaux au bord du Canal du Midi, Stéphane Dafflon a choisi de la situer sur le plafond du parvis qui donne accès au bâtiment tout en demeurant visible aux passants du boulevard de la Marquette. Ainsi son intervention demeure-t-elle publique tout en s’adressant aux usagers du bâtiment. La deuxième décision de l’artiste a été de calquer sa composition sur la structure offerte par les cassettes métalliques qui recouvrent ce plafond. Elles lui proposaient le dessin d’une grille qui lui permettait de concentrer son travail sur la mise en couleur du plafond.
Le vert et le bleu se sont imposés à Stéphane Dafflon parce que le projet paysager développé sur la terrasse et les arbres du quai suggéraient évidemment le vert naturel tandis que l’idée de l’eau du canal et du ciel du midi évoquait le bleu. D’où cette composition en dégradés, du plus clair au plus foncé, de l’extérieur vers l’intérieur, selon une diagonale qui s’émancipe du caractère orthogonal de la structure et qui semble inviter à gravir les escaliers vers le plateau. Le titre de cette œuvre est aussi celui d’un célèbre morceau de jazz joué par Miles Davis. La référence à la musique doit ici souligner le caractère mélodique de cette peinture dont la tonalité va du plus lumineux au plus sombre comme le bleu, c’est-à-dire aussi le vague à l’âme du blues, allié à la vitalité du jaune, donne la fraîcheur du vert.

D’abord créées à l’écran puis retranscrites de l’ordinateur à la toile ou au mur, les œuvres d’apparence simples, lisses et parfaitement maîtrisées de Stéphane Dafflon prennent tout leur sens une fois inscrites dans leur environnement ; elles en modifient la perception que le spectateur en a, tant visuellement que physiquement, qu’il s’agisse de peintures sur toile ou murales, ou d’objets. Sa démarche artistique s’inscrit ainsi dans la filiation des mouvements historiques de la modernité dont il rejoue le formalisme en conférant à ses toiles une puissance vibratoire à la manière du son ou de la musique, dont il s’inspire.

Blue in green - Stéphane Dafflon

Stéphane Dafflon, Blue in green, peinture de carrosserie sur caissettes d'aluminium, Le Printemps de septembre 2018 © Damien Aspe

Scénographie de Jorge Pardo, Musée des Augustins

Scénographie de Jorge Pardo, Musée des Augustins, Le Printemps de septembre 2014
Courtoisie de Studio Jorge Pardo. Photo : Nicolas Brasseur

Le Printemps de septembre remercie les partenaires et mécènes qui se sont associés au projet  :

Laboratoires Pierre Fabre, Ceramisol, Applications Laser Du Sud-Ouest, Porcelanosa, Creations, Galeries Lafayette
La Banque Populaire Occitane, Forae, Decoceram et Parexlanko

Scénographie, 2014

Jorge Pardo

Musée des Augustins

Avec les collections d’art roman du musée des Augustins, comme auparavant avec les collections d’art pré-colombien du musée de Los Angeles ou les œuvres d’art minimal de la fondation La Caixa à Barcelone, c’est l’impossible neutralité du musée que met en exergue le travail de mise en scène de Pardo, révélant à la fois ce qu’il définit comme « un dispositif d’encadrement » et le tissu complexe d’interactions qui le lie aux œuvres. Cette réflexion sur le rôle de l’institution s’ancre dans une histoire de l’art conceptuel écrite par certains des artistes qui furent ses professeurs comme Michael Asher ou Stephen Prina. Mais là où ces derniers se sont efforcés de produire un discours à charge contre l’institution, l’œuvre de Pardo se limite à des déplacements, substitue une question ouverte aux positions politiques de la génération qui le précède. Une question que soulève, par exemple, l’exposition d’un bateau de plaisance redessiné par l’artiste à partir d’un modèle standard (Pleasure Boat , 2005) ou plus récemment  en 2014, celle d’une chambre posée comme une grande sculpture oblique (Inert, 2014) au centre de sa galerie New-Yorkaise. Déjà en 1997, alors que le MOCA de Los Angeles décide de lui consacrer une monographie, Pardo convainc l’équipe du musée de délocaliser l’exposition dans une maison dessinée et construite pour l’occasion. Pendant cinq semaines, 4166 Sea View Lane est une sorte de sculpture à parcourir, ouverte aux visiteurs et remplie par les œuvres de l’artiste avant qu’il n’y emménage avec sa famille. Dix ans plus tard au MOCA de Miami, c’est cette fois l’espace domestique qu’il fait entrer au musée, cloisonné en plusieurs zones —  Bedroom, Kitchen , Living room , Dining room  ou Garden  - où cohabitent à la fois lits, étagères, tables, lampes ou banquettes créés par l’artiste et toute une documentation sur son œuvre, imprimée et collée aux murs à la manière d’un papier peint. Autant de projets qui illustrent le travail de nivellement entrepris par l’artiste dans le champ de l’esthétique et sa volonté de contester au musée son pouvoir catégorisant.

Le Géant - Thomas Houseago

Thomas Houseago, Giant Figure (Cyclops), Le Printemps de septembre 2011 
courtoisie de l'artiste et Xavier Hufkens, Bruxelles 
Photo : Damien Aspe

Une oeuvre acquise par le Réseau Tisséo dans le cadre de sa politique de commande d'oeuvres pour la ligne de tramway.

Giant Figure (Cyclop), 2011

Thomas Houseago

Allées Jules Guesde

Les sculptures de Thomas Houseago investissent par leur énergie primale les espaces pour lesquels il les conçoit, montrent leurs textures et révèlent leur processus créatif – gravure, moulage, coulures, établissant un dialogue immédiat avec les spectateurs. Formé à la Martin’s School of Art à Londres et aux « Ateliers » d’Amsterdam, l’artiste est un sculpteur robuste, à l’image de ses productions souvent monumentales en bois, bronze et plâtre, portraits puissants et expressifs de personnages aux formes et postures inattendues. Radical dans son conservatisme, l’artiste retourne nos notions contemporaines de la sculpture avec des œuvres qui embrassent à la fois l’histoire et l’immédiateté de sa main.

À l’occasion du Printemps de septembre 2011, il produit plusieurs nouvelles pièces destinées à plusieurs lieux de Toulouse : une série de sculptures en écho aux gargouilles du cloître du Musée des Augustins, et Giant Figure (Cyclop), une grande figure totémique pour la cour de DRAC Occitanie, aujourd’hui visible sur les allées Jules Guesdes devant le Théâtre Sorano.

Happy Fish, 2011

Josh Smith

Le Bazacle

Avec ses références explicites à l’histoire de la peinture, son style « expressif », ses effets de signature et son absence de sujet, l’œuvre de Josh Smith pourrait paraître inactuelle. C’est que Smith refuse d’utiliser signes et sujets pour affirmer sa contemporanéité. Comme tous ceux auxquels il se réfère - Kirchner, Picasso, Haring ou Wool - Smith n’utilise pas la peinture pour illustrer un projet, mais choisit de penser « en peinture ». La quantité d’œuvres qu’il produit - un phénomène qu’il choisit de mettre en scène dans ses installations - témoigne de cette pensée en marche. Le tableau n’est pas envisagé comme le lieu clos d’un achèvement, mais comme une étape dans un processus continu de création. L’étanchéité de la frontière qui sépare l’original et de sa reproduction - déjà compromise depuis les années 60 par l’utilisation de la sérigraphie - est minée de l’intérieur par la prolifération des originaux. Cette stratégie permet à Smith de s’émanciper d’un système hiérarchique qui fait le tri entre œuvres majeures et œuvres mineures pour mettre en évidence le mouvement même de la création. Dans un monde de flux incessants, de marchandises et d’images, Smith parvient à proposer un flux alternatif, qui vient rompre la répétition du même.

Pour l’espace EDF-Bazacle, il conçoit Happy Fish une sculpture en bronze, visible sur la terrasse du Bazacle, près de son magnifique barrage hydroélectrique. 

Happy Fish, Josh Smith

Josh Smith, Happy fish, 2011 © Le Printemps de septembre 

Coproduction Le Printemps de septembre et la Fondation EDF Diversiterre

Installation lumineuse, 2005

Gerhard Merz

IsdaT - institut supérieur des arts et du design de Toulouse

Par la rigueur de sa pensée théorique et son approche singulière du champs artistique, Gerhard Merz construit, depuis plus de 30 ans, une œuvre mentale synthèse de l'architecture et de la peinture qu'il intitule lui-même archipittura.

Dès 1970 il se distingue en peignant des phrases ou des logos sur fond monochrome mettant en avant la place du tableau dans l'espace. Sa relation à l'architecture et à ses codes le conduit à radicaliser sa position. La couleur, le texte, les encadrements créent des espaces emblématiques très structurés. Entre abstraction, symétrie, sérialité, il utilise tous les principes de l'architecture moderniste et les références à l'histoire. Attentif aux mesures, aux volumes, aux matériaux, à la typographie, ses expositions, comme ses catalogues, sont d'une précision froide voire savante. Invité par le Printemps de septembre en 2005, il réalise dans la rotonde de l’institut supérieur des arts de Toulouse une installation lumineuse qui a été pérennisée à l'issu du festival.

Installation lumineuse, GERHARD MERZ

Gerahrd Merz, vue d'exposition, isdaT, Le Printemps de septembre 2005.
Photo : André Morin

Agoraphobia, Franz West

Franz West, Agoraphobia, Le Printemps de septembre 2005
Commande du Centre National des Arts Plastiques, Paris.
Photo : Sylvie Leonard

Agoraphobia, 2005

Franz West

Jardin Raymond VI

Depuis la fin des années 1970, Franz West conçoit des œuvres aux formes hybrides et organiques qui embrassent autant la sculpture que le mobilier et l'objet utilitaire et qui n'ont d'existence que dans la mesure où elle sont utilisées par un tiers. Ses pièces monumentales en aluminium peint sont destinées à investir et perturber l’espace public – intérieur comme extérieur, telles des excroissances physiques et psychologiques.

C'est avec une création inédite que Franz West répond à l'invitation en 2005 d'exposer au sous-sol des Abattoirs, Musée – Frac Occitanie Toulouse, dans la vaste salle dite « Picasso ». Agoraphobia montre une sorte de spirale ou d'anneau de Moébius irrégulier dans son dessin comme à sa surface, à l'image d'une racine ou d'une ronce géante qui aurait poussé dans l'espace immaculé. L'agoraphobie étant une forme d'étourdissement,  cette sculpture semble ainsi donner une réalité concrète à la sensation de vertige.

Commande publique, coproduction Ville de Toulouse et Le Printemps de septembre, 2005.

Collection Les Abattoirs, Musée – Frac Occitanie Toulouse (inv. : 2006.1.10)